Le choix du matériau ne se fait pas seulement au goût. Il dépend de la pente du toit, du poids que la charpente peut porter, du style de la rue et du budget. Et dans la plupart des cas, il dépend aussi de ce qui était là avant.
Au nord-ouest de Bruxelles, la tuile en terre cuite domine sur les maisons de l'entre-deux-guerres. L'ardoise se voit sur les maisons de maître et certaines villas, le zinc sur les annexes, les lucarnes et les toits à faible pente.
Quel matériau coûte le moins cher, et lequel dure le plus ?
Ces prix ne comprennent que la couverture. Une réfection complète ajoute la dépose, la sous-toiture, le lattage et la zinguerie : voir notre page sur le prix d'une toiture en pente au m².
La tuile en terre cuite : le choix le plus répandu
C'est le matériau d'origine de la plupart des maisons de Jette, Berchem-Sainte-Agathe ou Wemmel. Elle existe en de nombreux modèles, du rouge-orangé traditionnel à l'anthracite mat, en version naturelle, engobée ou émaillée.
Elle est durable et ne demande que peu d'entretien. Son poids, de l'ordre de 40 à 50 kg par m², est supporté sans problème par une charpente prévue pour des tuiles.
La tuile en béton : moins chère, moins durable
La tuile en béton coûte moins cher et se pose vite. Elle est un peu plus lourde que la terre cuite, et sa teinte de surface s'use avec les années.
Elle convient bien à une villa des années 1960 ou 1970 qui en avait déjà, ou à un budget serré. Sur une maison ancienne en briques, la commune peut préférer la terre cuite.
L'ardoise : naturelle ou en fibrociment ?
L'ardoise naturelle est la couverture la plus durable, et la plus chère. Elle demande un couvreur habitué, car la pose aux crochets ou aux clous ne pardonne pas l'approximation.
L'ardoise en fibrociment, aujourd'hui sans amiante, coûte moins cher et se pose plus vite. Elle vieillit plus vite aussi, et sa teinte se patine différemment.
Attention aux anciennes ardoises en fibrociment
Les ardoises artificielles posées avant 1998 contiennent souvent de l'amiante. Leur dépose suit une procédure encadrée, avec un surcoût qui doit figurer clairement sur le devis.
Le zinc : pour les faibles pentes et les annexes
Le zinc à joints debout se pose sur des pentes très faibles et prend des formes que la tuile ne permet pas. On le voit sur les lucarnes, les annexes et les extensions contemporaines.
Il demande une sous-face ventilée, sans quoi il se corrode par en dessous. C'est un travail de zingueur, à confier à une entreprise qui le maîtrise.
Peut-on changer de matériau librement ?
Pas toujours. À Bruxelles, changer de matériau ou de teinte sur un versant visible depuis la rue peut demander un permis d'urbanisme, surtout pour un bien repris à l'inventaire du patrimoine ou dans une zone protégée. Le service de l'urbanisme de la commune tranche.
En Flandre, à Wemmel, Grimbergen, Asse ou Dilbeek, les règles passent par l'omgevingsvergunning et par le règlement communal. Renseignez-vous avant de choisir, pas après.
Côté charpente, passer de l'ardoise ou du zinc, plus légers, à la tuile demande de vérifier que la structure porte le poids ajouté.
Quand le matériau n'est pas la vraie question
- Une fuite sur une toiture récente vient presque toujours d'un raccord, d'un solin ou d'une noue, pas du matériau.
- Une maison froide sous le toit ne se règle pas par la couverture : c'est l'isolation qui compte.
- Des tuiles couvertes de mousse ne sont pas forcément à remplacer : un nettoyage peut suffire si elles ne sont pas devenues poreuses.